1415 Bataille de Ceuta

(...) Jean 1 avait solidement établi son fils naturel Alphonse , qui avait épousé Béatrix Pereira de Alvion, fille unique du connétable et qui devint la souche de la maison de Bragance. Quant aux infants nés de son mariage, il manifesta le dessein de leur donner l'ordre de chevalerie ; les infants, de leur côté, ne voulant pas devoir cette distinction à leur seule naissance , mais la tenir de leurs prouesses,demandèrent à leur père (1414) de leur confier quelques troupes pour aller tenter la conquête de Ceuta sur le sol Africain. Le roi résista d'abord à ce désir que la politique, qui n'est pas toujours la justice, semblait en effet condamner.

C'était par le port de Ceuta que le roi de Grenade recevait tous les secours que l'Afrique lui envoyait ; privé de cette communication le roi de Grenade, ennemi naturel de la Castille, devait s'affaiblir, et le pouvoir du royaume de Castille recevoir un accroissement capable d'alarmer le Portugal. Cependant les infants firent tant d'instances que le roi consentit à l'expédition, pourvu néanmoins qu'on prit toutes les précautions nécessaires pour en assurer le succès. On fit sonder les environs du port de Ceuta, on envoya sur les lieux des hommes chargés de les examiner, on prépara de tous côtés des vaisseaux, en annonçant une guerre maritime dans la mer du nord, et l'on garda sur le but réel de cet armement un tel mystère, que les Maures de Ceuta n'apprirent qu'il avait leurs villes pour objet que lorsqu'ils aperçurent les vaisseaux portugais.
La mort de la reine Philippine n'occasionna qu'un retard de quelques jours. Tout étant disposé et le vent se trouvant favorable, la flotte leva l'ancre le 25 juillet 1415.
Elle se composait de 59 galères, 33 vaisseaux de haut-bord et 120 bâtiments de transport : l'armée expéditionnaire était de cinquante mille hommes. Le roi, les infants Edouard, Pierre et Henri, étaient du voyage, la plus grande partie de la noblesse portugaise les accompagnait. Beaucoup d'étrangers, qui avaient connaissance de l'armement sans savoir contre qui il était destiné, étaient venus offrir aussi leurs services. Ce ne fut que lorsque la flotte fut arrivée devant Lagos dans l'Algarve, que le roi déclara le but réel de l'expédition.
Un religieux, fameux prédicateur de cette époque, donna immédiatement connaissance d'un bref du pape Jean XXIII qui accordait des indulgences à ceux qui faisaient partie de cette armée. La flotte entra heureusement dans le port de Tarifa. Zala Benzala était alors gouverneur de Ceuta et de Tanger. Lorsqu'il apprit qu'une flotte nombreuse se trouvait dans le détroit, il comprit bien que c'était Ceuta que les chrétiens menaçaient, et il renforça la garnison de cette ville. Le mauvais temps, qui commença de régner sur la mer, vint même le favoriser dans ses projets de défense ; car ce ne fut qu'après avoir été repoussé deux fois parla tempête, que le roi parvint à débarquer sur la côte africaine.
Les Maures tentèrent de s'opposer au débarquement, mais repoussés sur tous les points, il furent si vivement poursuivis que les Portugais entrèrent dans la ville avant qu'on eût pu en fermer les portes. Ainsi les Portugais, presque en arrivant emportèrent la ville de Ceuta.
Le gouverneur s'était réfugié dans le château; mais, craignant d'y être forcé, il prit le parti le plus prudent, s'il n'était pas le plus honorable; il sortit furtivement du château pendant la nuit et toute la garnison le suivit. Cette conquête si rapide et si brillante, où périrent, suivant l'historien Lemos, dix mille musulmans, n'aurait coûté aux Portugais que huit hommes, s'il fallait en croire le même historien; ce qui est plus certain, c'est que la ville fut livrée au pillage.
Les infants se distinguèrent dans cette journée par leur valeur de même que par leur habileté. Si la possession de Ceuta avait paru importante à quelques seigneurs portugais, il s'en trouva qui furent d'avis après la conquête de démanteler la ville et de l'abandonner.
Le roi s'y opposa fortement et sa volonté prévalut. On laissa donc une bonne garnison dans Ceuta et l'armée victorieuse reprit la route de Lisbonne. (...)
Marlès, Jules Lacroix de (17..-1850?). Histoire de Portugal, d'après la grande histoire de Schaeffer et continuée jusqu'à nos jours par M. de Marlès,.... 1840.
départ pour la conquête de ceuta
Départ pour la conquête de ceuta

bataille de Ceuta
La bataille de Ceuta est une bataille opposant le sultanat Mérinide de Fès au royaume de Portugal en 1415 qui marque le début de l'expansion portugaise mais aussi le début de la période des grandes découvertes maritimes.



Quadro representando o Infante D. Henrique, defronte à cidade de Ceuta, em 1415, na ocasião em que o exército português a vai atacar. A estampa acompanha a edição inglesa de 1655 d'Os Lusíadas, de Richard Fanshaw. Será uma cópia de um original, representando o Príncipe Negro, Filho de Edwardo II de Inglaterra, e vencedor da Batalha de Poitiers.


En 1415 les Portugais s’emparent de la ville de Ceuta, située sur la rive sud du détroit de Gibraltar, à 15 kilomètres environ de la province de Cadiz.

Bataille de Ceuta
Ceuta Maroc
Ville de Ceuta
Drapeau actuel de Ceuta
Ces armes sont identiques à celles du royaume du Portugal et le gironné noir et blanc pareil à celui du drapeau de Lisbonne, en souvenir de la conquête de la ville, prise par les Portugais au royaume du Maroc en 1415. Le gironné est une partition héraldique fréquente pour les villes portugaises


En mars 1421 , Ceuta fut érigée en évêché par le pape Martin V. Le P. Ayrnaro, déjà évêque titulaire de Maroc, et avant confesseur de la reine Philippine, fut le premier évèque de Ceuta.

Azuleijos de la gare Sao Bento à Porto qui représente la prise de Ceuta

Gare Sao Bento à Porto

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