Le 27 juillet, Wellesley, depuis duc de Wellington, arrivé de Portugal avec des troupes destinées à appuyer les opérations de celles de Cuesta, se prépara au combat et prit position à Talavéra; les Français, commandés par le maréchal Victor, attaquèrent la droite des alliés et la mirent en déroute ; mais le 28, les choses changèrent : une lutte acharnée eut lieu, et quand vint le soir, les Français étaient vaincus. Ce fut à la suite et en récompensede cette victoire, que la junte centrale nomma Wellesley généralissime de l'armée.
Septenville, Édouard Langlois, Bon de. Victoires et conquêtes de l'Espagne depuis l'occupation des Maures jusqu'à nos jours, par le Bon Édouard de Septenville. 1862.
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Défense du pont d'Amarante - Du 18 avril au 2 mai 1809 - Deuxième invasion napoléonienne au Portugal
Sylveira, en arrivant sur la Taméga,
avait pour but de harceler l'armée française,
et d'attirer à lui une partie de nos troupes;
il retardait, par-là, l'entrée du maréchal Soult,
dans la province du Beira; il donnait aux deux armées anglaise et portugaise le temps de concentrer
leurs forces et de combiner leurs mouvements
pour se porter contre nous.
Quelles que fussent les intentions de ce général portugais, il devenait urgent d'agir sans délai contre lui. Le général Delaborde, chargé de ce soin, avait sous ses ordres, indépendamment de sa division d'infanterie, les 2ème d'infanterie légère et 36ème de ligne, formant la brigade Sarrut ; toute la division Lahoussaye, dix pièces d'artillerie et deux détachements de sapeurs du génie, dont l'un était commandé par le capitaine Philippon, et l'autre par le lieutenant Tristondan.
Ces forces étaient plus que suffisantes pour battre les Portugais de Sylveira. Mais pour arriver à eux, il fallait vaincre de grandes difficultés et franchir la Taméga, dont les eaux sont très-rapides, et qui est très encaissée.
Le pont, qui sépare la ville d'Amarante du faubourg de Villa réal, est solidement bâti en pierres de taille.
Il était fortement barricadé; la culée de la rive gauche en était minée, un appareil avait été dressé pour mettre, au premier moment, le feu au fourneau, et pour faire sauter l'arche. Toutes les maisons du faubourg, qui donnaient sur ce pont, avaient été barricadées et crénelées; il en partait un feu vif et continuel.
L'entrée de la route de Villaréal était fermée par des fossés et des palissades. Entre les ressauts de la montagne, qui s'élève en arrière du faubourg de la rive gauche, les Portugais avaient construit trois batteries qui défendaient l'approche du pont et tiraient sur la grande rue par où on y arrive. L'armée de Sylveira était campée sur le sommet de cette montagne; il était impossible de l'aborder de front. Les Français s'étaient retranchés sur la rive droite.
Tous ceux d'entre eux, qui tentaient d'approcher du pont, étaient atteints par le feu de l'ennemi. L'aide-de-camp du général Loison, un officier du génie et le lieutenant Tristondan venaient d'être blessés mortellement. Le général Delaborde décida qu'il était trop dangereux de forcer le passage; il ordonna l'établissement d'un pont sur chevalets ; cet essai fut infructueux.
Le capitaine du génie Bouchard, arrivé d'Oporto pour juger de la nature des obstacles qui arrêtaient nos troupes, fut d'avis que le passage du pont était seul pratiquable.
« Il pensa qu'il
« serait facile de débarrasser le pont en brûlant
« ou coupant les palissades et la barrière du
« milieu, et en faisant sauter le dernier retran-
« chement avec des barils de poudre dont l'ex-
« plosion détruirait l'appareil disposé pour mettre
« le feu à la fougasse; qu'alors, l'espace à fran-
« chir n'étant que de trente-cinq toises, les troupes qui seraient prêtes, faisant leurs mou-
« vemens immédiatement après l'explosion, on
« pourrait ne pas donner le temps de se recon-
« naître aux Portugais, qui seraient d'autant
« plus surpris, que pouvant à volonté couper le
« pont en faisant jouer la mine, ils se croyaient
« en parfaite sûreté. »
Le plan, conçu par le capitaine Bouchart, rencontra beaucoup d'oppositions et fut l'objet de vifs débats. Lorsqu'il était de la plus grande importance d'agir avec célérité, on perdait un temps précieux à des discussions prolongées. Ce ne fut que le 29 avril que le colonel Hulot, aide de camp du maréchal, arrivé du quartier-général, décida que le projet était bon, et l'appuya auprès du général Delaborde.
Il est à regretter que, dans de telles circonstances, le maréchal n'ait point quitté Oporto, dès qu'il eut appris l'entrée de ses troupes dans Amarante, et ne se soit rendu de sa personne sur la Taméga, afin d'imprimer aux opérations contre Sylveira la vigueur nécessaire.
Schart reçut l'ordre de tout préparer pour que le passage du pont pût s'effectuer le lendemain à la pointe du jour. A cet effet, toutes les troupes furent réunies dans la ville, et les sapeurs du génie furent placés dans le couvent, à l'entrée du pont. Les compagnies de carabiniers et de grenadiers des 2. me, 36. me, 70. meet 86. me régimens furent formées en bataillon et mises sous le commandement du colonel Saint-Clair.
Le général Delaborde arrêta les autres dispositions avec son habileté ordinaire. De la réussite des préparatifs du capitaine Bouchart, dépendait le succès de l'entreprise ; ces préparatifs commencèrent à huit heures du soir. Plusieurs sapeurs s'offrent pour aller placer les barils de poudre contre le dernier retranchement; cette opération difficile et périlleuse est terminée vers minuit avec une audace et une adresse admirables. Alors la fusillade de l'ennemi devient plus vive; elle est toute dirigée sur l'entrée du pont. A une heure, un autre sapeur va placer le saucisson destiné à mettre le feu aux barils de poudre; il revient sain et sauf.
Nos tirailleurs sont aussitôt retirés, et le feu des Portugais s'éteint insensiblement.
L'ennemi est dans une sécurité complète.
Vers les trois heures du matin, les Français sont sous les armes. La plus grande ardeur les anime; le maréchal a fait promettre la croix de la légion-d'honneur aux douze militaires qui passeraient les premiers : tous voudraient s'élancer à la fois. Dans ce moment, un brouillard épais s'élève sur la rivière et semble vouloir favoriser les projets d'attaque. A quatre heures, les ordres , impatiemment attendus , arrivent. Le feu est mis au saucisson ; l'explosion a lieu avec grand fracas, le retranchement est renversé et l'appareil détruit.
Notre artillerie tire quelques volées; la charge bat; les sapeurs, à la tête desquels marche le capitaine Bouchart, s'élancent, coupent, brisent les barricades, et, suivis des compagnies de grenadiers et des autres troupes, ils renversent à coups de baïonnettes les soldats ennemis qui veulent résister.
On enlève les batteries; tous les canonniers sont tués sur les pièces qui ont à peine fait une décharge. Les Portugais, surpris dans leur camp, n'ont point le temps de se former en bataille; ils sont culbutés et prennent la fuite dans le plus grand désordre.
Sylveira, logé dans une des maisons du faubourg que parcourent déjà les Français, se sauve presque nu, par la porte du jardin, et gagne la campagne; il échappe au juste ressentiment de nos troupes; le massacre des malades, laissés à Chaves, demandait vengeance! Les mouvements des Français sont prompts et rapides; dans l'infanterie, on a fait poser les havre-sacs ; aussi la poursuite était-elle des plus vives. Tout ce qui est pris les armes à la main, est tué; un grand nombre de moines, premiers fauteurs de l'insurrection, expirent sous les baïonnettes de nos soldats. Toute l'artillerie, cinq drapeaux, tous les équipages et bagages de l'armée portugaise tombent au pouvoir des vainqueurs. L'ennemi fait des pertes considérables.
Dans cette attaque audacieuse, nous n'avons que deux hommes tués et sept blessés.
Le chef de bataillon d'artillerie Hulot et le capitaine Bouchart furent désignés par le général Delaborde, comme ayant rendu de très-grands services; le colonel Saint-Clair, le chef de bataillon Duval, le capitaine de sapeurs Philippon, qui avait été blessé, et le lieutenant de voltigeurs Meunier, du 2ème léger, furent cités avec distinction.
On envoya au quartier-général le nom des douze soldats qui avaient passé le pont les premiers; nous doutons que ces braves aient jamais obtenu la flatteuse récompense qu'on leur avait promise et qu'ils avaient si bien méritée.
Après le passage du pont, le général Delaborde, avec sa division, avait pris position sur la hauteur.
Les Portugais s'étaient jetés dans les montagnes de la riva gauche; le général Loison les poursuivit jusqu'à deux lieues de Villaréal. Le général Foy, avec le 17ème d'infanterie légère et un régiment de dragons, fut envoyé, par la rive gauche, à Canavezes, afin de prendre les troupes ennemies à revers; il ne put les atteindre : elles avaient pris la fuite au plus vite, et avaient jetté leurs munitions et leurs canons dans la Taméga.
Notre cavalerie avait pénétré dans Villa réal que ses habitants avaient abandonné pour suivre Sylveira. Après s'être assuré que ce chef ennemi avait passé le Douro, le général Loison revint à à Amarante.
Campagne de Portugal. Souvenirs militaires du temps de l'empire, par un officier supérieur du deuxième corps. Tome Ier. 1841.
Quelles que fussent les intentions de ce général portugais, il devenait urgent d'agir sans délai contre lui. Le général Delaborde, chargé de ce soin, avait sous ses ordres, indépendamment de sa division d'infanterie, les 2ème d'infanterie légère et 36ème de ligne, formant la brigade Sarrut ; toute la division Lahoussaye, dix pièces d'artillerie et deux détachements de sapeurs du génie, dont l'un était commandé par le capitaine Philippon, et l'autre par le lieutenant Tristondan.
Ces forces étaient plus que suffisantes pour battre les Portugais de Sylveira. Mais pour arriver à eux, il fallait vaincre de grandes difficultés et franchir la Taméga, dont les eaux sont très-rapides, et qui est très encaissée.
Le pont, qui sépare la ville d'Amarante du faubourg de Villa réal, est solidement bâti en pierres de taille.
Il était fortement barricadé; la culée de la rive gauche en était minée, un appareil avait été dressé pour mettre, au premier moment, le feu au fourneau, et pour faire sauter l'arche. Toutes les maisons du faubourg, qui donnaient sur ce pont, avaient été barricadées et crénelées; il en partait un feu vif et continuel.
L'entrée de la route de Villaréal était fermée par des fossés et des palissades. Entre les ressauts de la montagne, qui s'élève en arrière du faubourg de la rive gauche, les Portugais avaient construit trois batteries qui défendaient l'approche du pont et tiraient sur la grande rue par où on y arrive. L'armée de Sylveira était campée sur le sommet de cette montagne; il était impossible de l'aborder de front. Les Français s'étaient retranchés sur la rive droite.
Tous ceux d'entre eux, qui tentaient d'approcher du pont, étaient atteints par le feu de l'ennemi. L'aide-de-camp du général Loison, un officier du génie et le lieutenant Tristondan venaient d'être blessés mortellement. Le général Delaborde décida qu'il était trop dangereux de forcer le passage; il ordonna l'établissement d'un pont sur chevalets ; cet essai fut infructueux.
Le capitaine du génie Bouchard, arrivé d'Oporto pour juger de la nature des obstacles qui arrêtaient nos troupes, fut d'avis que le passage du pont était seul pratiquable.
« Il pensa qu'il
« serait facile de débarrasser le pont en brûlant
« ou coupant les palissades et la barrière du
« milieu, et en faisant sauter le dernier retran-
« chement avec des barils de poudre dont l'ex-
« plosion détruirait l'appareil disposé pour mettre
« le feu à la fougasse; qu'alors, l'espace à fran-
« chir n'étant que de trente-cinq toises, les troupes qui seraient prêtes, faisant leurs mou-
« vemens immédiatement après l'explosion, on
« pourrait ne pas donner le temps de se recon-
« naître aux Portugais, qui seraient d'autant
« plus surpris, que pouvant à volonté couper le
« pont en faisant jouer la mine, ils se croyaient
« en parfaite sûreté. »
Le plan, conçu par le capitaine Bouchart, rencontra beaucoup d'oppositions et fut l'objet de vifs débats. Lorsqu'il était de la plus grande importance d'agir avec célérité, on perdait un temps précieux à des discussions prolongées. Ce ne fut que le 29 avril que le colonel Hulot, aide de camp du maréchal, arrivé du quartier-général, décida que le projet était bon, et l'appuya auprès du général Delaborde.
Il est à regretter que, dans de telles circonstances, le maréchal n'ait point quitté Oporto, dès qu'il eut appris l'entrée de ses troupes dans Amarante, et ne se soit rendu de sa personne sur la Taméga, afin d'imprimer aux opérations contre Sylveira la vigueur nécessaire.
Schart reçut l'ordre de tout préparer pour que le passage du pont pût s'effectuer le lendemain à la pointe du jour. A cet effet, toutes les troupes furent réunies dans la ville, et les sapeurs du génie furent placés dans le couvent, à l'entrée du pont. Les compagnies de carabiniers et de grenadiers des 2. me, 36. me, 70. meet 86. me régimens furent formées en bataillon et mises sous le commandement du colonel Saint-Clair.
Le général Delaborde arrêta les autres dispositions avec son habileté ordinaire. De la réussite des préparatifs du capitaine Bouchart, dépendait le succès de l'entreprise ; ces préparatifs commencèrent à huit heures du soir. Plusieurs sapeurs s'offrent pour aller placer les barils de poudre contre le dernier retranchement; cette opération difficile et périlleuse est terminée vers minuit avec une audace et une adresse admirables. Alors la fusillade de l'ennemi devient plus vive; elle est toute dirigée sur l'entrée du pont. A une heure, un autre sapeur va placer le saucisson destiné à mettre le feu aux barils de poudre; il revient sain et sauf.
Nos tirailleurs sont aussitôt retirés, et le feu des Portugais s'éteint insensiblement.
L'ennemi est dans une sécurité complète.
Vers les trois heures du matin, les Français sont sous les armes. La plus grande ardeur les anime; le maréchal a fait promettre la croix de la légion-d'honneur aux douze militaires qui passeraient les premiers : tous voudraient s'élancer à la fois. Dans ce moment, un brouillard épais s'élève sur la rivière et semble vouloir favoriser les projets d'attaque. A quatre heures, les ordres , impatiemment attendus , arrivent. Le feu est mis au saucisson ; l'explosion a lieu avec grand fracas, le retranchement est renversé et l'appareil détruit.
Notre artillerie tire quelques volées; la charge bat; les sapeurs, à la tête desquels marche le capitaine Bouchart, s'élancent, coupent, brisent les barricades, et, suivis des compagnies de grenadiers et des autres troupes, ils renversent à coups de baïonnettes les soldats ennemis qui veulent résister.
On enlève les batteries; tous les canonniers sont tués sur les pièces qui ont à peine fait une décharge. Les Portugais, surpris dans leur camp, n'ont point le temps de se former en bataille; ils sont culbutés et prennent la fuite dans le plus grand désordre.
Sylveira, logé dans une des maisons du faubourg que parcourent déjà les Français, se sauve presque nu, par la porte du jardin, et gagne la campagne; il échappe au juste ressentiment de nos troupes; le massacre des malades, laissés à Chaves, demandait vengeance! Les mouvements des Français sont prompts et rapides; dans l'infanterie, on a fait poser les havre-sacs ; aussi la poursuite était-elle des plus vives. Tout ce qui est pris les armes à la main, est tué; un grand nombre de moines, premiers fauteurs de l'insurrection, expirent sous les baïonnettes de nos soldats. Toute l'artillerie, cinq drapeaux, tous les équipages et bagages de l'armée portugaise tombent au pouvoir des vainqueurs. L'ennemi fait des pertes considérables.
Dans cette attaque audacieuse, nous n'avons que deux hommes tués et sept blessés.
Le chef de bataillon d'artillerie Hulot et le capitaine Bouchart furent désignés par le général Delaborde, comme ayant rendu de très-grands services; le colonel Saint-Clair, le chef de bataillon Duval, le capitaine de sapeurs Philippon, qui avait été blessé, et le lieutenant de voltigeurs Meunier, du 2ème léger, furent cités avec distinction.
On envoya au quartier-général le nom des douze soldats qui avaient passé le pont les premiers; nous doutons que ces braves aient jamais obtenu la flatteuse récompense qu'on leur avait promise et qu'ils avaient si bien méritée.
Après le passage du pont, le général Delaborde, avec sa division, avait pris position sur la hauteur.
Les Portugais s'étaient jetés dans les montagnes de la riva gauche; le général Loison les poursuivit jusqu'à deux lieues de Villaréal. Le général Foy, avec le 17ème d'infanterie légère et un régiment de dragons, fut envoyé, par la rive gauche, à Canavezes, afin de prendre les troupes ennemies à revers; il ne put les atteindre : elles avaient pris la fuite au plus vite, et avaient jetté leurs munitions et leurs canons dans la Taméga.
Notre cavalerie avait pénétré dans Villa réal que ses habitants avaient abandonné pour suivre Sylveira. Après s'être assuré que ce chef ennemi avait passé le Douro, le général Loison revint à à Amarante.
Campagne de Portugal. Souvenirs militaires du temps de l'empire, par un officier supérieur du deuxième corps. Tome Ier. 1841.
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| Pont et église São Gonçalo Amarante |
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| église São Gonçalo Amarante |
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| Pont São Gonçalo Amarante |
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| Pont São Gonçalo |
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| Pont São Gonçalo |
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| Pont São Gonçalo |
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| Pont São Gonçalo |
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| Rio Tâmega Amarante |
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| Pont São Gonçalo Amarante |
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| Pont São Gonçalo Amarante |
1812 Siège de Badajoz - Victoire anglo-portugaise - bataille de Badajoz
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| Badajoz a une garnison d'environ 5 000 hommes sous le commandement du général français Armand Philippon |
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| L'armée alliée, forte de 25 000 hommes, surpasse en nombre la garnison française |
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| bataille de Badajoz |
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| bataille de Badajoz |
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| bataille de Badajoz |
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| Les toupes anglo-portugaise sous les ordres de Wellington assiège Badajoz |
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| Arthur Wellesley de Wellington |
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| Ils y signent leur reddition le matin du 7 avril 1812 |
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| bataille de Badajoz 1812 |
1807-1812 Invasions napoléonienne - invasion napoléonienne du Portugal - guerre péninsulaire.
Les premières
années du XIXe siècle amenèrent
pour le Portugal un cortège
de malheurs. Le mauvais
gouvernement de dona Maria Ire
et de son fils don Joâo, la fuite
de la famille royale et de la cour
au Brésil, l'invasion de l'armée
du général Junot, le réveil du
sentiment national, le secours
de l'Angleterre, les nouvelles
invasions des Français sous la
conduite de Soult et de Masséna,
la lutte pour l'indépendance, la
domination de Beresford, la révolution populaire de 1820, la
réaction absolutiste et la guerre civile entre les absolutistes et
les constitutionnels, toutes ces vicissitudes politiques accumulèrent.
Le Portugal géographique, ethnologique, administratif, économique, littéraire, artistique, historique, politique, colonial, etc., par MM. Brito Aranha, Christovam Ayres, Teixeira
Bastos, Daniel Bellet, Cardozo de Bethencou.... 1900.
I Invasion 1807 / 1808
17 Nov. 1807 – Napoléon envoie des troupes conduites par Junot et s’oppose du pouvoir
23 Jun. 1808 – Insurrection de Coimbra
23 Juil. 1808 – Le Bataillon Académique de Coimbra occupe le Forte de Santa Catarina – à Figueira da Foz
01. Août 1808 – L’armée britannique commandé par Wellesley débarque au Portugal
17 Août 1808 – Combat de Roliça
21 Août 1808 – Bataille du Vimeiro
II Invasion 1809
22 Apr. 1809 – Wellesley débarque à Lisboa
III Invasion 1810 / 1811
26 Août 1810 – Siège d’Almeida
27 Sep. 1810 – Bataille du Bussaco
03 Apr. 1811 – Combat du Sabugal – Massena à abandonne le Portugal
IV Invasion 1812
17 Jun. 1812 – Wellesley arrive à Salamanca
(...) En 1807, sur le refus du Portugal d'adhérer au blocus continental, une armée française, commandée par Junot, marcha sur Lisbonne, où elle arriva le 27 novembre, mais pour voir mettre à la voile la flotte anglaise, qui emportait au Brésil la reine dona Maria, le régent, la cour, les ministres.
La maison de Bragance fut déclarée déchue du trône, mais toutes les avances de Junot pour stimuler les sympathies des Portugais furent inutiles, et bientôt des émeutes éclatèrent sur divers points du territoire.
Le jour de la Fête-Dieu, de nouvelles Vêpres siciliennes ensanglantaient Porto, ou une junte insurrectionnelle fut constituée, qui appela les Anglais à la rescousse (29 juillet 1808).
Wellington débarqua à La Corogne, battit Junot à Vimeiro le 30 août et l'obligea à signer la convention de Cintra, qui régla l'évacuation du Portugal par les Français.
Ils rentrèrent avec Soult (mars 1809), mais pour peu de temps. Le duc de Dalmatie ne put dépasser la Vouga. Une armée de sept mille Anglo-Portugais survint, qui le força à la retraite. En 1810, troisième invasion, cette fois dirigée par Masséna.
L'Enfant chéri de la Victoire entra à Lisbonne malgré Wellington. Mais toute sa tactique échoua contre la tactique défensive du général anglais, retranché derrière les lignes inexpugnables de Torres-Vedras. A moitié décimé par la famine, battu à la bataille de Busaco, Masséna dut, lui aussi, reprendre le chemin de la France (8 avril).
Les Portugais prirent à leur tour leur revanche en 1814; ils figurèrent à côté des Espagnols parmi les envahisseurs du midi de la France. Le Portugal ne se ressentit aucunement des profondes modifications apportées dans l'échiquier européen par les événements de 1815.
Le régent resta au Brésil et se contenta de
transformer la dénomination de Portugal en « Royaume-Uni de
Portugal et de Brésil ». Devenu roi à la mort de dona Maria
(1816) sous le nom de Jean VI, il ne revint pas davantage en
Europe.
Cette indifférence et l'humiliation qui résultait de la transformation de la métropole portugaise en simple appendice du Brésil ne fut pas, on le conçoit, du goût des habitants de la Péninsule. Les grandes villes protestèrent énergiquement, et Porto, comme toujours, donna le signal des violences. C'est là que, le 24 août 1820, éclata la révolution qui devait aboutir à l'établissement en Portugal du gouvernement constitutionnel.
Le Portugal géographique, ethnologique, administratif, économique, littéraire, artistique, historique, politique, colonial, etc., par MM. Brito Aranha, Christovam Ayres, Teixeira Bastos, Daniel Bellet, Cardozo de Bethencou.... 1900.
(...) Lorsque la guerre éclata de nouveau entre cette
dernière puissance et la France, et que Napoléon
eut décrété le blocus continental, le Portugal, continuant
sa politique favorable à l'Angleterre, prit encore parti pour cette dernière en refusant de
s'associer aux vues de l'empereur. Napoléon signa
alors de concert avec l'Espagne le démembrement
du Portugal ; Junot envahit le Portugal, qu'il
conquit avec quelques milliers de soldats, et le
régent, incapable de faire preuve de quelque
énergie, s'enfuit honteusement vers le Brésil avec
les premières familles du pays, sur des vaisseaux
chargés de toutes les richesses qu'ils pouvaient
transporter.
Mais Napoléon ne sut pas user de la victoire ; il
ne connaissait pas le Portugal : il blessa l'amour propre
national en faisant remplacer le drapeau
portugais par l'aigle impériale, en ordonnant l'enrôlement
de 10000 jeunes gens destinés à former
une légion appelée à combattre aux côtés de
l'armée française, en ordonnant de lever une contribution
de 100 millions.
Malgré l'habileté et l'énergie de Junot, le Portugal fut perdu pour la France ; une insurrection générale y éclata et les Anglais s'empressèrent d'y débarquer des troupes sous le commandement de sir Arthur Wellesley.
Junot dut signer, après le glorieux combat de Vimeiro, la convention de Cintra et évacuer sa conquête (30 août 1808).
Jusqu'en 1811, le Portugal servit avec des alternatives de succès et de revers de théâtre à la lutte entre les Français et les Anglais; Napoléon avait affaire à vingt ennemis à la fois, et ses lieutenants, en Espagne et au Portugal, avec des troupes insuffisamment nombreuses, ne purent venir à bout de populations fanatisées par l'esprit de patriotisme et soutenues par les immenses ressources et les soldats de l'Angleterre.
La guerre contre l'Espagne et le Portugal fut la grande faute du règne de Napoléon; elle causa sa chute.
N'ayant que cette guerre sur les bras, il eut, sans doute, triomphé de toutes les difficultés; mais il avait l'Europe entière contre lui, et la péninsule ibérique dévorait ses armées.
Les Espagnols et les Portugais combattaient pour leur liberté et la. France pour une idée politique et une ambition personnelle. On ne vient pas facilement à bout de la haine d'un peuple. La France ne pouvait se flatter de triompher de l'Europe entière ; soutenue, enflammée par le génie de Napoléon, elle crut réaliser cette tâche; mais ses ennemis abattus reprenaient sans cesse de nouvelles forces, tandis que les siennes s'épuisaient sans pouvoir se renouveler.
L'Angleterre avait pris pied au Portugal; elle s'y implantait ; elle administrait le pays, car elle n'était pas plus empressée de rappeler Jean VI que celui-ci ne montrait de hâte à revenir. Quand l'empire disparut et que les alliés se partagèrent le butin, le Portugal n'eut rien, pas un sou sur l'indemnité de guerre que la France s'engageait à payer ; il se trouva même diminué de la place d'Olivença, que l'Espagne sut conserver. (...)
Pepper, Charles Rockland. Charles Rockland Pepper. Le Portugal, ses origines, son histoire, ses productions, le traité de Methuen et l'Union ibérique. 1879.
(...) Napoléon, ne pouvant atteindre les Anglais dans leur
île, voulut les frapper dans leur commerce, et il établit le
blocus continental; il exigea que tous ses alliés, tous les
peuples de l'Europe s'engageassent à interdire leurs ports
aux vaisseaux et aux marchandises de l'Angleterre.
Il manda donc devant lui M. de Lima, ambassadeur du Portugal à Paris, et lui dit que si, dans le temps rigoureusement nécessaire pour avoir une réponse de Lisbonne, il n'apprenait pas que le gouvernement portugais avait déclaré la guerre à l'Angleterre et avait fait saisir les biens et les personnes des sujets anglais, la France traiterait le Portugal en ennemi. Le régent ayant hésité à accepter ces dures conditions, Napoléon déclara la maison de Bragance déchue de ses droits à la couronne de Portugal, et envoya au delà des Pyrénées le général Junot, à la tête de vingt-cinq mille hommes.
Emmanuel Godoy, dont le concours avait été acquis par la promesse d'une vaste principauté dans le Midi du Portugal, mit de son côté une armée d'égale force numérique en campagne.
Junot avait reçu l'ordre de se refuser à toute négociation et de marcher droit sur Lisbonne et Oporto, pour y saisir les marchandises anglaises. Il exécuta cet ordre avec une rigueur excessive, qui obligea ses soldats à des marches forcées et leur imposa d'horribles fatiguer. Son armée était haletante, épuisée, avant d'avoir franchi la frontière du Portugal.
Arrivée à Alcantara à travers les longs défilés de Beira, elle fut obligée d'y laisser un corps de troupes nombreux, pour recueillir les traînards. Réduit à quelques régiments d'infanterie, Junot, ne connaissant que sa consigne, s'engagea au coeur du Portugal, bien que la cour de Lisbonne eût une armée de trente mille hommes à ses ordres. Mais telle était l'épouvante qui précédait le nom des armées françaises, que la cour de Portugal ne pensent qu'à fuir. Elle suspendit tous les paiements pour augmenter ses ressources, et s'embarqua, après avoir annoncé dans une proclamation l'intention d'aller résider à Rio-Janeiro jusqu'au rétablissement de la paix. Les Portugais virent passer sur les quais de Lisbonne, et sous une pluie battante, la longue et triste procession de la cour, se rendent du palais aux vaisseaux qui devaient l'emporter vers l'Amérique. Ils revirent la reine, qu'on leur avait cachée depuis seize ans, et qui sembla recouvrer une tueur de raison pour protester contre tant de lâcheté. « Quoi ! fuir sans combattre? » s'écria-t-elle. Comme son cocher pressait le pas des chevaux : « Ne va pas si vile, lui dit-elle : on croirait que nous fuyons. » Quant au régent, il se contentait de dire en gémissant : « Ah ! si du moins les Français qui s'avancent avaient pour chef le bon maréchal Lannes, je lui confierais ma couronne et mes États, je ne fuirais pas. Mais ce n'est pas lui qui commande, et il ne me reste plus d'espoir.
Cependant Junot avançait toujours, laissant en arrière tout ce qui ne pouvait le suivre ; il marchait réduit à quatre ou cinq mille hommes, franchissant les défilés, les villes, les fleuves débordés, sans que rien l'arrêtât, voulant à tout prix arriver à Lisbonne assez à temps pour prévenir le départ des marchandises anglaises, lorsqu'il apprit que ces marchandises et la famille royale elle-même s'étaient soustraites, par la fuite à son ardente poursuite. Treize mille Portugais, d'entre les plus distingués, avaient suivi la cour, et, entassés avec leurs effets les plus précieux sur quelques vaisseaux, attendaient dans de mortelles angoisses que le vent, qui leur était contraire, leur permît de sortir du port. Que le vent se fût maintenu vingt-quatre heures de plus à l'ouest, ou que le Tage débordé n'eût pas retardé la marche de Junot, et cette riche proie tombait entre ses mains.
Arrivé à Lisbonne avec sa troupe réduite à quinze cents hommes, il n'osa d'abord pénétrer dans cette ville de trois cent mille âmes, où les agents de police seuls étaient aussi nombreux que son armée.
Mais le gouvernement portugais alla au-devant de lui et aplanit toutes les difficultés. Au bout de quinze jours, les traînards avaient rejoint Junot, et il se retrouvait à la tête d'une armée de vingt-cinq mille hommes. Il s'efforça de se concilier la faveur du peuple par la sagesse de ses mesures et par la supériorité du gouvernement qu'il établît sur celui qu'il remplaçait; il réussit ainsi à gagner les-classes éclairées; mais les autres, et c'étaient lie beaucoup les plus nombreuses, peu sensibles à ces nuances, gardaient un silence sombre et menaçant, et semblaient n'attendre qu'une occasion pour faire éclater leur haine. Quelques mesures malheureuses ajoutèrent à ses-embarras. Napoléon imposa des contributions de guerre et des levées :de troupes au Portugal. Une légion qu'il y leva, et qu'il envoya en Illyrie, témoigna de ses sentiments en prenant pour devise ce vers de Virgile :
Napoléon ne connaissait pas encore l'Espagne et le Portugal ; il jugeait ces deux pays d'après leurs tristes souveraîns, et ne dissimula pas assez son injuste mépris pour eux. Il apprît trop tard quelle était son erreur. Une déportation de Portugais que Junot lui avait envoyée fut accueillie sous l'impression de ces sentiments. Il leur parla de manière à laisser voir trop clairement le peu de cas qu'il faisait de leur pays, et termina son entrevue en leur disant:
Mais enfin que voulez-vous, vous autres Portugais? Voulez-vous être Espagnols? Le chef de la députation, HT.de Lima, se redressant avec colère, et mettant la main sur la garde de son épée, s'écria d'une voix forte : Non, A ce mot, à la manière dont il avait été prononcé, Napoléon comprit qu'il avait froissé les fibres les plus sensibles du Portugais ; il reconnut sa faute, mais il était trop tard.
Les députés retournèrent dans leur pays, y portèrent,
y propagèrent la pensée que Napoléon voulait les réunir
à l'Espagne.
C'en fut assez pour soulever tout le pays. Le jour de la Fête-Dieu, les habitants de Lisbonne tentèrent de se révolter, mais Junot était présent et comprima tout désordre. Il n'en fut pas de même dans le reste du pays, où l'insurrection éclata soudain sur tous les points. Oporto, la seconde ville du royaume, secoua le joug de la France, et ne put être soumise par la trop faible armée de Junot.
Ses forces furent encore réduites de huit mille hommes, que Napoléon en détacha pour réparer un désastre que l'armée d'Espagne venait d'essuyer à Beylen (Bailén), où trois corps avaient été détruits par une autre insurrection non moins formidable. Junot n'avait plus que quinze à seize mille hommes, quand sir Arthur Wellesley, qui fut depuis duc de Wellington, débarqua avec environ quinze mille Anglais, qu'il amenait au secours des Portugais révoltés.
Il débuta par un succès ; il surprit et attaqua un corps de deux mille cinq cents Français près de Roliça, et, malgré la défense héroïque de ces braves, il les força à se retirer sur Torres-Vedras.
L'effet de cette petite victoire fut
d'exalter les espérances des Portugais et de généraliser
encore l'insurrection.
Junot résolut de tenter la fortune : il marcha avec onze mille cinq cents hommes contre les Anglais, dont l'armée, grossie par d'innombrables bandes de Portugais, l'attendit à Vimeiro.
Accablé par la supériorité du nombre et de l'artillerie ennemie, il comprit que c'en était fait de la domination française en Portugal, et ne songea plus qu'à obtenir une capitulation honorable pour lui et pour quelques vaisseaux russes, alliés de la France, qui s'étaient réfugiés dans le Tuge, pour échapper à la flotte anglaise. Mais tandis qu'il stipulait pour ces vaisseaux, l'amiral qui les commandait les livra par faiblesse aux Anglais.
Junot, délivré de ce soin, conclut alors à Cintra une convention aux termes de laquelle son armée et lui-même devaient être transportés en France sur les bâtiments de la marine anglaise. Napoléon, irrité de ces échecs, se décide à conduire lui même la guerre dans la Péninsule. Il paraît, il triomphe ; en deux mois il a rétabli son frère Joseph sur le trône d'Espagne et jeté à la mer une armée anglaise. Il eût achevé la conquête du pays, s'il n'eût été rappelé au centre de l'Europe par la nouvelle que l'Autriche venait de lui déclarer la guerre. Il partit donc, laissant le commandement de ses forces au maréchal Soult.
Ce général envahit aussitôt le Portugal, refoule, accable
les corps d'insurgés qui -veulent l'arrêter, disperse les
troupes du général Freyre, que ses soldats massacrent
comme traître, bien qu'il fût aussi loyal que brave et
habile. Le 29 mars 1809, il emporte d'assaut la place
d'Oporto, et en moins d'un mois il étend sa domination
sur tout le Portugal. Il essaya à son tour de se faire aimer
du peuple, dans l'espoir de se créer un royaume dans
cette contrée, à l'exemple d'autres généraux français;
mais il dut renoncer bientôt à ces espérances.
Sir Arthur Wellesley débarqua sur les rives du Tage, à la tête de vingt mille Anglais; une autre armée anglaise descendit par le Nord, et une armée portugaise, commandée par le général Sylveira, se réunit près de Chaves. Vingt mille Français se trouvèrent ainsi enveloppés par soixante et dix mille Anglo-Portugais. Ils leur échappèrent, gagnèrent Oporto, puis la Galice, n'ayant perdu que leurs canons, qu'ils avaient dû enclouer, ne pouvant leur faire franchir les âpres sentiers des défilés e Santa-Cathalina, qu'ils eurent à traverser. Napoléon ne renonce pas à tenter de nouveaux efforts.
Il rassemble soixante mille hommes, dont il confie le commandement
à Masséna, le héros de Zurich et d'EssIing,
l'enfant chéri de la victoire. Mais les Anglais, de leur côté, ont augmenté leurs forces. Réunis aux Portugais, ils ont
quatre-vingt-dix mille hommes, protégés par une flotte
immense ; ils. construisent en outre, entre l'embouchure
- du Tage et la mer, une suite de retranchements formidables
, armés de sept cents canons, qui doivent leur
servir de retraite et les mettre à l'abri de toute attaque.
Masséna, qui ne connaît pas ce détail, s'avance, prend
Almeida, Ciudad-Rodrigo, s'engage dans la vallée du Mondego
et pénètre dans le défilé de Busaco, une espèce de
cirque, dont les Anglais occupent les sommets. Les Français
essaient de franchir l'obstacle ; ils escaladent sous
des feux plongeants et concentriques les pentes escarpées
des montagnes, ils arrivent au sommet ; mais, haletants,
épuisés, réduits à un petit nombre, sans artillerie, ils sont
, écrasés sous les décharges formidables des canons anglais.
La mitraille, de furieuses charges à la baïonnette, les rejettent
dans la vallée.. Quatre mille cinq cents des leurs
sont tués. L'âme héroïque de Masséna ne s'étonne pa,s de
ce revers. Une reconnaissance qu'il fait opérer lui apprend
qu'il existe une. route latérale qui lui permet de tourner
la position des Anglais.
Il s'y (engage à la faveur de la nuit. Au lever du soleil, l'ennemi effrayé voit les Français derrière lui, craint d'être séparé de ses lignes et de ses vaisseaux, et les vainqueurs de la veille se retirent précipitamment.
Masséna les poursuit l'épée dans les reins et arrive
presque en même temps qu'eux aux lignes de Torres-
Vedras, contre lesquelles il se heurte en vain. Il reconnaît
trop tard l'obstacle infranchissable qui se dresse devant
lui ; mais il comprend aussi que dans ce coin de terre vont
se jouer les destinées du monde. Au lieu de s'acharner
dans une lutte inutile contre les difficultés invincibles de
cette position, il envoie en France demander le secours de
l'armée d'Andalousie, commandée par le maréchal Soult, et qui devait attaquer Lisbonne par la rive gauche du Tage
et faire tomber les lignes de Torres-Vedras, pendant que
lui-même maintiendrait les Anglais en les attaquant Je
face. Malheureusement, au moment où le message de Masséna
parvint à Napoléon, ce souverain méditait une lutte
nouvelle : la formidable guerre de Russie, où il devait
trouver sa perte. Il ne put donner aux affaires de la Péninsule
qu'une attention insuffisante; il eût fallu de l'argent,
des armées, dés ordres positifs et rigoureux pour des
chefs placés trop loin de son-autorité et livrés à des rivalités
jalouses, à dès dissensions intestines. Masséna te
reçut que des promesses et des secours illusoires.
Il s'était établi devant les lignes de Torres-Vedras,
qu'il bloquait, dans l'espoir d'affamer, sinon les Anglais,
alimentés par leur flotte, au moins les habitants de Lisbonne,
dont les principales communications étaient coupées,
et qui, poussés par la disette, pouvaient en se révoltant
causer au général anglais de graves embarras. Mais
le maréchal lui-même était fort empêché de nourrir son
armée. Les Anglais, en se retirant, avaient tout dévasté,
brûlé les moulins, emmené la population.
Repoussé
à Fuentes-de-Onore, le 5 mai, il dut céder le commandement
au maréchal Marmont, qui eut la triste mission de
réunir et de réorganiser les débris de cette malheureuse
armée.
Napoléon comprit enfin toute la gravité de la faute qu'il
avait commise en s'aliénant l'esprit des Portugais, en les
blessant par des paroles humiliantes. Mais il était trop
tard. Engagé dans les difficultés de l'horrible guerre de
Russie, il perdit bientôt non-seulement le Portugal, mais
encore l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, toutes les conquêtes
de la France, et enfin la couronne.
Les Portugais
eurent la joie de fouler à leur tour en vainqueurs, en conquérants,
le sol de la France envahie, et de pénétrer au
coeur de nos provinces à la suite des Anglais et des Espagnols.
Mais ce fut l'unique satisfaction qui leur fut réservée.
Les souverains, réunis à Vienne pour traiter de la
paix de l'Europe après la chute de Napoléon, sacrifièrent
le Portugal à l'Angleterre et à l'Espagne.
Ils lui enlevèrent la ville d'Olivença, qu'ils donnèrent à cette dernière puissance , et les Anglais le contraignirent à renoncer à faire le commerce d'esclaves au nord de l'équateur; ce qui était porter un coup funeste à sa marine, dont ce commerce était la principale ressource. Pour comble de malheur, le régent refusa de quitter le Brésil, et, donnant à ses États le nom de royaume-uni du Portugal et du Brésil, il réduisit, par son absence, le premier de ces pays à la condition d'une province, et proclama par le fait l'indépendance de la colonie. Un général anglais, lord Béresford, administra le royaume au profit exclusif de l'Angleterre (...)
Guibout, A.. Épisodes de l'histoire du Portugal, par A. Guibout. 1863
Le Portugal géographique, ethnologique, administratif, économique, littéraire, artistique, historique, politique, colonial, etc., par MM. Brito Aranha, Christovam Ayres, Teixeira
Bastos, Daniel Bellet, Cardozo de Bethencou.... 1900.
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| Arrivé de la famille royale portugaise à Rio de Janeiro le 7 de Mars de 1808. Peinture(1999) de Geoffrey Hunt. |
I Invasion 1807 / 1808
17 Nov. 1807 – Napoléon envoie des troupes conduites par Junot et s’oppose du pouvoir
23 Jun. 1808 – Insurrection de Coimbra
23 Juil. 1808 – Le Bataillon Académique de Coimbra occupe le Forte de Santa Catarina – à Figueira da Foz
01. Août 1808 – L’armée britannique commandé par Wellesley débarque au Portugal
17 Août 1808 – Combat de Roliça
21 Août 1808 – Bataille du Vimeiro
II Invasion 1809
22 Apr. 1809 – Wellesley débarque à Lisboa
III Invasion 1810 / 1811
26 Août 1810 – Siège d’Almeida
27 Sep. 1810 – Bataille du Bussaco
03 Apr. 1811 – Combat du Sabugal – Massena à abandonne le Portugal
IV Invasion 1812
17 Jun. 1812 – Wellesley arrive à Salamanca
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| Fuite de la famille royale portugaise pour le Brésil 1807 |
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| Bataille de Bussaco, Portugal 1810 |
(...) En 1807, sur le refus du Portugal d'adhérer au blocus continental, une armée française, commandée par Junot, marcha sur Lisbonne, où elle arriva le 27 novembre, mais pour voir mettre à la voile la flotte anglaise, qui emportait au Brésil la reine dona Maria, le régent, la cour, les ministres.
La maison de Bragance fut déclarée déchue du trône, mais toutes les avances de Junot pour stimuler les sympathies des Portugais furent inutiles, et bientôt des émeutes éclatèrent sur divers points du territoire.
Le jour de la Fête-Dieu, de nouvelles Vêpres siciliennes ensanglantaient Porto, ou une junte insurrectionnelle fut constituée, qui appela les Anglais à la rescousse (29 juillet 1808).
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| Wellington battit Junot à Vimeiro |
Wellington débarqua à La Corogne, battit Junot à Vimeiro le 30 août et l'obligea à signer la convention de Cintra, qui régla l'évacuation du Portugal par les Français.
Ils rentrèrent avec Soult (mars 1809), mais pour peu de temps. Le duc de Dalmatie ne put dépasser la Vouga. Une armée de sept mille Anglo-Portugais survint, qui le força à la retraite. En 1810, troisième invasion, cette fois dirigée par Masséna.
L'Enfant chéri de la Victoire entra à Lisbonne malgré Wellington. Mais toute sa tactique échoua contre la tactique défensive du général anglais, retranché derrière les lignes inexpugnables de Torres-Vedras. A moitié décimé par la famine, battu à la bataille de Busaco, Masséna dut, lui aussi, reprendre le chemin de la France (8 avril).
Les Portugais prirent à leur tour leur revanche en 1814; ils figurèrent à côté des Espagnols parmi les envahisseurs du midi de la France. Le Portugal ne se ressentit aucunement des profondes modifications apportées dans l'échiquier européen par les événements de 1815.
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| Wellington |
Cette indifférence et l'humiliation qui résultait de la transformation de la métropole portugaise en simple appendice du Brésil ne fut pas, on le conçoit, du goût des habitants de la Péninsule. Les grandes villes protestèrent énergiquement, et Porto, comme toujours, donna le signal des violences. C'est là que, le 24 août 1820, éclata la révolution qui devait aboutir à l'établissement en Portugal du gouvernement constitutionnel.
Le Portugal géographique, ethnologique, administratif, économique, littéraire, artistique, historique, politique, colonial, etc., par MM. Brito Aranha, Christovam Ayres, Teixeira Bastos, Daniel Bellet, Cardozo de Bethencou.... 1900.
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| Départ de la famille royale pour le Brésil. Alfredo Roque Gameiro |
Malgré l'habileté et l'énergie de Junot, le Portugal fut perdu pour la France ; une insurrection générale y éclata et les Anglais s'empressèrent d'y débarquer des troupes sous le commandement de sir Arthur Wellesley.
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| Soldat de l'armée de Napoléon |
Junot dut signer, après le glorieux combat de Vimeiro, la convention de Cintra et évacuer sa conquête (30 août 1808).
Jusqu'en 1811, le Portugal servit avec des alternatives de succès et de revers de théâtre à la lutte entre les Français et les Anglais; Napoléon avait affaire à vingt ennemis à la fois, et ses lieutenants, en Espagne et au Portugal, avec des troupes insuffisamment nombreuses, ne purent venir à bout de populations fanatisées par l'esprit de patriotisme et soutenues par les immenses ressources et les soldats de l'Angleterre.
La guerre contre l'Espagne et le Portugal fut la grande faute du règne de Napoléon; elle causa sa chute.
N'ayant que cette guerre sur les bras, il eut, sans doute, triomphé de toutes les difficultés; mais il avait l'Europe entière contre lui, et la péninsule ibérique dévorait ses armées.
Les Espagnols et les Portugais combattaient pour leur liberté et la. France pour une idée politique et une ambition personnelle. On ne vient pas facilement à bout de la haine d'un peuple. La France ne pouvait se flatter de triompher de l'Europe entière ; soutenue, enflammée par le génie de Napoléon, elle crut réaliser cette tâche; mais ses ennemis abattus reprenaient sans cesse de nouvelles forces, tandis que les siennes s'épuisaient sans pouvoir se renouveler.
L'Angleterre avait pris pied au Portugal; elle s'y implantait ; elle administrait le pays, car elle n'était pas plus empressée de rappeler Jean VI que celui-ci ne montrait de hâte à revenir. Quand l'empire disparut et que les alliés se partagèrent le butin, le Portugal n'eut rien, pas un sou sur l'indemnité de guerre que la France s'engageait à payer ; il se trouva même diminué de la place d'Olivença, que l'Espagne sut conserver. (...)
Pepper, Charles Rockland. Charles Rockland Pepper. Le Portugal, ses origines, son histoire, ses productions, le traité de Methuen et l'Union ibérique. 1879.
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Extrait du livre: Lisbonne et les Portugais, par Ollivier de La Blairie. 1820
(...) Les Anglais, peuple de l'Europe qui, sans contredit, entend le mieux les intérêts commerciaux, accaparaient entièrement le commerce du pays et en pompaient toutes les richesses; mousselines , indiennes, perkales , tout venait d'Angleterre et s'introduisait en grande partie par la contrebande. A l'arrivée de chaque paquebot une nuée de juifs et d'anglaises y faisaient une descente celles-ci doublaient leurs jupes de perkale, et le maigre fils de Jacob se donnait un ventre de cotonnade. La surveillance des gardes se laissait d'ailleurs endormir aisément par quelques pièces de métal.
Les trois quarts du vin d'Oporto s'exportaient en Angleterre, et ses habitants altérés loin de se contenter de cette portion en consommaient trois fois plus encore qu'ils n'en exportaient. On peut vraiment considérer le Portugal comme une espèce de colonie anglaise que la métropole exploite à son profit. Le gouvernement portugais ne prendra-t-il pas enfin une direction plus sage et plus conforme aux intérêts de la nation. Pourquoi ne pas établir des manufactures indigènes, pourquoi ne pas encourager l'industrie des habitants au lieu de les laisser croupir dans la paresse, l'ignorance et la misère.
Les lois du commerce doivent être basées sur des intérêts mutuels et égaux, et l'on ne pourrait qu'applaudir à l'activité britannique si elle se dirigeait sur ce principe; mais cette nation insatiable devient des frelons dans une ruche partout où elle s'établit.
Enfin le jour de la rétribution semble s'approcher; si les Anglais perdent leur domination sur le Portugal; si la Russie, dont l'ambition commence à percer le voile dont elle s'est environnée jusqu'ici, se fraye une route militaire dans l'Inde après s'en être faite une commerciale on peut prédire à la fière Albion une chute prochaine.(...)
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| Les français 1er invasion - Alfredo Roque Gameiro |
Il manda donc devant lui M. de Lima, ambassadeur du Portugal à Paris, et lui dit que si, dans le temps rigoureusement nécessaire pour avoir une réponse de Lisbonne, il n'apprenait pas que le gouvernement portugais avait déclaré la guerre à l'Angleterre et avait fait saisir les biens et les personnes des sujets anglais, la France traiterait le Portugal en ennemi. Le régent ayant hésité à accepter ces dures conditions, Napoléon déclara la maison de Bragance déchue de ses droits à la couronne de Portugal, et envoya au delà des Pyrénées le général Junot, à la tête de vingt-cinq mille hommes.
Emmanuel Godoy, dont le concours avait été acquis par la promesse d'une vaste principauté dans le Midi du Portugal, mit de son côté une armée d'égale force numérique en campagne.
Junot avait reçu l'ordre de se refuser à toute négociation et de marcher droit sur Lisbonne et Oporto, pour y saisir les marchandises anglaises. Il exécuta cet ordre avec une rigueur excessive, qui obligea ses soldats à des marches forcées et leur imposa d'horribles fatiguer. Son armée était haletante, épuisée, avant d'avoir franchi la frontière du Portugal.
Arrivée à Alcantara à travers les longs défilés de Beira, elle fut obligée d'y laisser un corps de troupes nombreux, pour recueillir les traînards. Réduit à quelques régiments d'infanterie, Junot, ne connaissant que sa consigne, s'engagea au coeur du Portugal, bien que la cour de Lisbonne eût une armée de trente mille hommes à ses ordres. Mais telle était l'épouvante qui précédait le nom des armées françaises, que la cour de Portugal ne pensent qu'à fuir. Elle suspendit tous les paiements pour augmenter ses ressources, et s'embarqua, après avoir annoncé dans une proclamation l'intention d'aller résider à Rio-Janeiro jusqu'au rétablissement de la paix. Les Portugais virent passer sur les quais de Lisbonne, et sous une pluie battante, la longue et triste procession de la cour, se rendent du palais aux vaisseaux qui devaient l'emporter vers l'Amérique. Ils revirent la reine, qu'on leur avait cachée depuis seize ans, et qui sembla recouvrer une tueur de raison pour protester contre tant de lâcheté. « Quoi ! fuir sans combattre? » s'écria-t-elle. Comme son cocher pressait le pas des chevaux : « Ne va pas si vile, lui dit-elle : on croirait que nous fuyons. » Quant au régent, il se contentait de dire en gémissant : « Ah ! si du moins les Français qui s'avancent avaient pour chef le bon maréchal Lannes, je lui confierais ma couronne et mes États, je ne fuirais pas. Mais ce n'est pas lui qui commande, et il ne me reste plus d'espoir.
Cependant Junot avançait toujours, laissant en arrière tout ce qui ne pouvait le suivre ; il marchait réduit à quatre ou cinq mille hommes, franchissant les défilés, les villes, les fleuves débordés, sans que rien l'arrêtât, voulant à tout prix arriver à Lisbonne assez à temps pour prévenir le départ des marchandises anglaises, lorsqu'il apprit que ces marchandises et la famille royale elle-même s'étaient soustraites, par la fuite à son ardente poursuite. Treize mille Portugais, d'entre les plus distingués, avaient suivi la cour, et, entassés avec leurs effets les plus précieux sur quelques vaisseaux, attendaient dans de mortelles angoisses que le vent, qui leur était contraire, leur permît de sortir du port. Que le vent se fût maintenu vingt-quatre heures de plus à l'ouest, ou que le Tage débordé n'eût pas retardé la marche de Junot, et cette riche proie tombait entre ses mains.
Arrivé à Lisbonne avec sa troupe réduite à quinze cents hommes, il n'osa d'abord pénétrer dans cette ville de trois cent mille âmes, où les agents de police seuls étaient aussi nombreux que son armée.
Mais le gouvernement portugais alla au-devant de lui et aplanit toutes les difficultés. Au bout de quinze jours, les traînards avaient rejoint Junot, et il se retrouvait à la tête d'une armée de vingt-cinq mille hommes. Il s'efforça de se concilier la faveur du peuple par la sagesse de ses mesures et par la supériorité du gouvernement qu'il établît sur celui qu'il remplaçait; il réussit ainsi à gagner les-classes éclairées; mais les autres, et c'étaient lie beaucoup les plus nombreuses, peu sensibles à ces nuances, gardaient un silence sombre et menaçant, et semblaient n'attendre qu'une occasion pour faire éclater leur haine. Quelques mesures malheureuses ajoutèrent à ses-embarras. Napoléon imposa des contributions de guerre et des levées :de troupes au Portugal. Une légion qu'il y leva, et qu'il envoya en Illyrie, témoigna de ses sentiments en prenant pour devise ce vers de Virgile :
Vadiinus immixti Danais, haud numine nostro.
Nous marchons mêlés aux Grecs,sous des auspices étrangers.
Napoléon ne connaissait pas encore l'Espagne et le Portugal ; il jugeait ces deux pays d'après leurs tristes souveraîns, et ne dissimula pas assez son injuste mépris pour eux. Il apprît trop tard quelle était son erreur. Une déportation de Portugais que Junot lui avait envoyée fut accueillie sous l'impression de ces sentiments. Il leur parla de manière à laisser voir trop clairement le peu de cas qu'il faisait de leur pays, et termina son entrevue en leur disant:
Mais enfin que voulez-vous, vous autres Portugais? Voulez-vous être Espagnols? Le chef de la députation, HT.de Lima, se redressant avec colère, et mettant la main sur la garde de son épée, s'écria d'une voix forte : Non, A ce mot, à la manière dont il avait été prononcé, Napoléon comprit qu'il avait froissé les fibres les plus sensibles du Portugais ; il reconnut sa faute, mais il était trop tard.
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| 1810 bataille du Buçaco - Alfredo Roque Gameiro |
C'en fut assez pour soulever tout le pays. Le jour de la Fête-Dieu, les habitants de Lisbonne tentèrent de se révolter, mais Junot était présent et comprima tout désordre. Il n'en fut pas de même dans le reste du pays, où l'insurrection éclata soudain sur tous les points. Oporto, la seconde ville du royaume, secoua le joug de la France, et ne put être soumise par la trop faible armée de Junot.
Ses forces furent encore réduites de huit mille hommes, que Napoléon en détacha pour réparer un désastre que l'armée d'Espagne venait d'essuyer à Beylen (Bailén), où trois corps avaient été détruits par une autre insurrection non moins formidable. Junot n'avait plus que quinze à seize mille hommes, quand sir Arthur Wellesley, qui fut depuis duc de Wellington, débarqua avec environ quinze mille Anglais, qu'il amenait au secours des Portugais révoltés.
Il débuta par un succès ; il surprit et attaqua un corps de deux mille cinq cents Français près de Roliça, et, malgré la défense héroïque de ces braves, il les força à se retirer sur Torres-Vedras.
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| Loison |
Junot résolut de tenter la fortune : il marcha avec onze mille cinq cents hommes contre les Anglais, dont l'armée, grossie par d'innombrables bandes de Portugais, l'attendit à Vimeiro.
Accablé par la supériorité du nombre et de l'artillerie ennemie, il comprit que c'en était fait de la domination française en Portugal, et ne songea plus qu'à obtenir une capitulation honorable pour lui et pour quelques vaisseaux russes, alliés de la France, qui s'étaient réfugiés dans le Tuge, pour échapper à la flotte anglaise. Mais tandis qu'il stipulait pour ces vaisseaux, l'amiral qui les commandait les livra par faiblesse aux Anglais.
Junot, délivré de ce soin, conclut alors à Cintra une convention aux termes de laquelle son armée et lui-même devaient être transportés en France sur les bâtiments de la marine anglaise. Napoléon, irrité de ces échecs, se décide à conduire lui même la guerre dans la Péninsule. Il paraît, il triomphe ; en deux mois il a rétabli son frère Joseph sur le trône d'Espagne et jeté à la mer une armée anglaise. Il eût achevé la conquête du pays, s'il n'eût été rappelé au centre de l'Europe par la nouvelle que l'Autriche venait de lui déclarer la guerre. Il partit donc, laissant le commandement de ses forces au maréchal Soult.
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| Marmont |
Sir Arthur Wellesley débarqua sur les rives du Tage, à la tête de vingt mille Anglais; une autre armée anglaise descendit par le Nord, et une armée portugaise, commandée par le général Sylveira, se réunit près de Chaves. Vingt mille Français se trouvèrent ainsi enveloppés par soixante et dix mille Anglo-Portugais. Ils leur échappèrent, gagnèrent Oporto, puis la Galice, n'ayant perdu que leurs canons, qu'ils avaient dû enclouer, ne pouvant leur faire franchir les âpres sentiers des défilés e Santa-Cathalina, qu'ils eurent à traverser. Napoléon ne renonce pas à tenter de nouveaux efforts.
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| Guerre de partisants - Alfredo Roque Gameiro |
Il s'y (engage à la faveur de la nuit. Au lever du soleil, l'ennemi effrayé voit les Français derrière lui, craint d'être séparé de ses lignes et de ses vaisseaux, et les vainqueurs de la veille se retirent précipitamment.
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| Bataille de Vimeiro 20 août 1808 |
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| Massena |
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| Wellesley |
Ils lui enlevèrent la ville d'Olivença, qu'ils donnèrent à cette dernière puissance , et les Anglais le contraignirent à renoncer à faire le commerce d'esclaves au nord de l'équateur; ce qui était porter un coup funeste à sa marine, dont ce commerce était la principale ressource. Pour comble de malheur, le régent refusa de quitter le Brésil, et, donnant à ses États le nom de royaume-uni du Portugal et du Brésil, il réduisit, par son absence, le premier de ces pays à la condition d'une province, et proclama par le fait l'indépendance de la colonie. Un général anglais, lord Béresford, administra le royaume au profit exclusif de l'Angleterre (...)
Guibout, A.. Épisodes de l'histoire du Portugal, par A. Guibout. 1863
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| Tragédia da ponte das barcas Oporto 1809. |
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| En 1809, Porto fut la scène d'un désastre lorsque la population en fuite se précipita sur le Pont des Barques qui reliait les deux rives du fleuve, car l'armée napoléonienne était à l'entrée de la ville. http://www.2dragons.be/porto.php |
| http://www.2dragons.be/porto.php |
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